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LA VERITÉ DE BB, DOC

BB, EN 5 MN

EXTRAIT DU JOURNAL « LE MONDE » 26/12/2025

Brigitte Bardot est morte à l’aube, son mari « à ses côtés », selon sa fondation 

Brigitte Bardot, morte dimanche à l’âge de 91 ans, s’est éteinte à l’aube, aux côtés de son époux, Bernard d’Ormale, a précisé sur BFM-TV le directeur de la presse et des relations publiques de la fondation qu’elle avait créée.

« Bernard d’Ormale, son mari, qui l’a accompagnée jusqu’au bout, était à ses côtés lorsqu’elle s’est éteinte », dans sa célèbre résidence de La Madrague, à Saint-Tropez, a dit Bruno Jacquelin. « Il l’entendait respirer normalement. Et puis, à 5 h 55, elle lui a dit tout doucement son petit mot d’amour, qui est “piou piou”. Et c’était fini », a-t-il poursuivi.

La Fondation Brigitte Bardot, qu’elle avait créée en 1986, avait annoncé dans la matinée sa mort dans un communiqué, faisant part de son « immense tristesse » face à la disparition de celle « qui a choisi d’abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux ».

La star de Et Dieu… créa la femme et du Mépris « était affaiblie depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois », a rappelé M. Jacquelin. Cet automne, elle avait été hospitalisée pour une intervention chirurgicale dont la nature n’avait pas été révélée.


« Du sex-symbol à la figure de l’extrême droite » : comment la presse étrangère rend hommage à Brigitte Bardot 

Brigitte Bardot, actrice mythique et militante acharnée du droit des animaux, est morte à 91 ans, dimanche 28 décembre. Un petit tremblement de terre en France mais aussi à l’international. Muse du cinéma français certes mais aussi et surtout « celle de l’extrême droite », comme le souligne le journal espagnol El Pais.

Comme le rappelle le quotidien espagnol, celle qui fut surnommée – BB – était une militante et une actrice « controversée ». « La figure de Bardot a largement dépassé le cadre du cinéma et a anticipé certaines des grandes révolutions qui allaient marquer la seconde moitié du XXᵉ siècle », poursuit le titre espagnol. « Dans les années 1950, avant la révolution sexuelle, avant la Nouvelle Vague, avant le féminisme, il y avait Bardot : elle était le sexe, elle était la jeunesse, et surtout, Bardot incarnait la modernité », résume de son côté le journal anglais The Guardian dans un éditorial. « Adieu la diva rebelle qui a fait rêver le monde », évoque aussi le journal italien La Repubblica.

Pour la BBC, elle est la « bombe blonde qui révolutionna le cinéma dans les années 1950 », « un cocktail français de charme félin et de sensualité continentale ». La BBC rappelle néanmoins que « sa réputation a été ternie lorsqu’elle a proféré des insultes homophobes et a été condamnée à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale ».

Le quotidien américain The New York Times ne mâche pas ses mots en titrant : « De sex-symbol à figure de l’extrême droite, Brigitte Bardot a incarné une France en mutation ». « Bardot n’était pas une figure consensuelle. On pourrait même dire que c’était l’une des premières stars problématiques de l’ère moderne », estime le journal.Le titre allemand Der Spiegel estime quant à lui qu’elle était une « figure emblématique de l’extrême droite ».

« Il existe d’innombrables manières de se souvenir de Brigitte Bardot, retrace de son côté le journal espagnol El MundoElle fut l’image la plus exportable de la France, et ce, pendant près de cinq décennies. Ses initiales – BB – sont devenues une marque pour tout un pays et, à la fois, un prétexte pathétique aux plaisanteries les plus grotesques − comme lorsqu’on l’a appelé BB-phoque pour se moquer de son engagement en faveur de la cause animale », développe le journal espagnol.

En 1969, elle devint la première célébrité à servir de modèle à Marianne, symbole de la République mais bien avant de devenir Marianne, « Bardot portait déjà un fardeau encore plus lourd : elle était synonyme de la femme elle-même », rappelle The New York Times. Après tout, le film qui fit d’elle une star au début de la vingtaine était… Et Dieu créa la femme, sorti en 1956.

Dans la torpeur hivernale de Saint-Tropez les hommages à « BB » se poursuivent 

Dans la torpeur de l’hiver, Saint-Tropez retrouve son calme et son authenticité, à l’image des hommages peu nombreux mais simples des habitants qui pleurent dimanche Brigitte Bardot, estimant que « son âme restera tropézienne, pour l’éternité », comme l’a constaté l’Agence France-Presse (AFP).

Quand Julia Gangotena a su, elle a « couru » à La Madrague pour déposer quelques roses blanches au pied de son portail bleu. Juste avant que les gendarmes ne barrent le chemin de terre bordé de roseaux.

« Son âme restera tropézienne, pour l’éternité », confie cette habitante de 36 ans. Elle croisait régulièrement l’icône en fin de journée qui baladait ses chiens sur la plage. « C’est une femme qui a vécu autant avec une foule indénombrable que seule, extrêmement seule. Et elle est morte chez elle, et c’est la plus belle mort qu’on pouvait lui souhaiter. Oui, avec ses animaux autour », ajoute-t-elle.

Sur une barrière, quelques bouquets ont été accrochés avec des portraits en noir et blanc de BB. Ils sont peu nombreux tant ce petit port méditerranéen, qui est un haut-lieu de la jet-set internationale l’été, s’assoupit le reste de l’année.

Et ceux qui viennent ont tous une anecdote à partager sur la star planétaire, icône du 7e art, qui menait ici une vie discrète, loin aussi des sorties polémiques et politiques qui pouvaient la caractériser.

Nathalie Dorobisze est « dévastée »« Le monde de demain sans elle, c’est une page qui va se refermer et ça va être très difficile » car « elle a tout le temps été là. Tout le temps », confie la quinquagénaire, tout de noir vêtue. « On la voyait souvent, je ne l’embêtais pas. J’étais un peu plus loin et en retrait, puis je la regardais passer et quand elle était de bonne humeur, elle nous envoyait des bisous », ajoute-t-elle.

Simonetta Greggio, elle, a dû lui écrire une centaine de lettres sans jamais recevoir de réponse. Elle en a fait un livre : « Mes nuits sans Bardot », publié en 2024 chez Albin Michel et qui a remporté le prix du livre de plage.

Puis un jour, pour ses 90 ans, « je suis venue porter des fleurs avec les chiennes et on avait un grand bouquet de tournesol. Elle s’est arrêtée, et on le lui a donné. On lui a dit qu’on l’aimait, elle nous a dit qu’elle nous aimait aussi, elle nous a pris dans ses bras », raconte-t-elle à l’AFP. Pour elle, « c’était une femme qui était née très bourge et qui avait passé son temps à avoir une vie extrêmement simple par rapport à l’argent qu’elle a gagné, à la médiatisation qu’elle a eue, la célébrité ».

Pour Sabrina Sabatini, c’était une évidence de lui rendre hommage car « elle a été toujours en avance, surtout sur la protection animale. A l’époque, tout le monde se moquait d’elle. Alors que maintenant, c’est vraiment un sujet ».

Cannes, Huster, Lelouch… Le monde du cinéma rend hommage à Bardot 

Un « mythe », véritable incarnation de la France : les hommages à Brigitte Bardot, décédée dimanche à l’âge de 91 ans, se multiplient dans le monde du cinéma, de Francis Huster à Thierry Frémaux en passant par Claude Lelouch.

Souvent comparée à Marilyn Monroe, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, B.B. était, comme l’actrice américaine, « le plus beau des diamants du monde », a estimé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Francis Huster.

« Je suis sûr que leurs deux étoiles forment le plus beau duo du ciel », a assuré l’acteur, qui avait tourné avec Bardot en 1973. « C’était plus qu’une actrice, c’était la France », a salué Claude Lelouch, réalisateur d’« Un homme et une femme »sur BFM-TV : « Je me rappelle très bien le général De Gaulle, que j’avais rencontré un jour, il m’avait dit : “La France, c’est moi et Brigitte Bardot” ».

« Cette femme a été une véritable révolution, tout simplement parce que dans un monde de tricheurs, elle ne trichait pas. Elle a toujours dit ce qu’elle pensait. Et cette spontanéité a touché la terre entière », a-t-il poursuivi.

Elle était « la plus belle du monde », mais surtout « une actrice absolument formidable », a souligné sur la même chaîne le comédien Pierre Arditi, refusant de la réduire à une « icône physique »« Elle a marqué notre temps parce qu’elle était aussi capable d’incarner et de jouer », a insisté l’acteur de 81 ans.

Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma (CNC), a estimé sur le réseau social X que B.B était devenue dès « Et Dieu…. créa la femme » de Roger Vadim (1956) « un mythe à l’écran (…) mais aussi l’incarnation de la femme française pour le monde entier ».

Brigitte Bardot est « un mythe total », a également assuré Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière à Lyon et délégué général du festival de Cannes, sur Franceinfo. Elle « a donné les codes de ce que c’était qu’être une star », a-t-il ajouté, rappelant l’émeute qu’avait provoquée sa venue au Festival de Cannes en 1967.

« Personne n’a mieux décrit Bardot que l’écrivain François Nourissier », a de son côté réagi l’ancien président du festival de Cannes Gilles Jacob auprès de l’AFP : « “un équilibre instable entre le caprice et la damnation” ».

Autre ancien président du festival, Pierre Lescure a, lui, salué un « destin unique »« sa beauté dingue et comme nouvelle, absolue et effrontée »« sa fantaisie, ses rôles multiples ».

De Et Dieu… créa la femme, le film par lequel elle éclata au cinéma, en 1956, à L’Ours et la Poupée, Brigitte Bardot a eu des rôles plus marquants que d’autres. Elle a joué dans 56 films et mis un terme à sa carrière en 1973, avec L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise, de Nina Companeez.

« BB » a tourné dans un peu moins de 50 films avant ses 40 ans, voici les principaux :

  • Le Trou normand, de Jean Boyer (1952)
  • Les Grandes Manœuvres, de René Clair (1955)
  • Et Dieu… créa la femme, de Roger Vadim (1956)
  • En cas de malheur, de Claude Autant-Lara (1958)
  • La Femme et le Pantin, de Julien Duvivier (1959)
  • La Vérité, d’Henri-Georges Clouzot (1960)
  • Vie privée, de Louis Malle (1962)
  • Le Mépris, de Jean-Luc Godard (1963)
  • Une ravissante idiote, d’Edouard Molinaro (1964)
  • Viva Maria !, de Louis Malle (1965)
  • L’Ours et la Poupée, de Michel Deville (1970)
  • Les Pétroleuses, de Christian-Jaque (1971)
  • Don Juan 73, de Roger Vadim (1973)
  • L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise, de Nina Companeez (1973)